La plateforme e-votez, prestataire du vote pour la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique, a été victime d’une cyberattaque dès son ouverture, vendredi 9 octobre à 8 heures. La nature de cette attaque consiste à porter à son maximum le nombre de connexions simultanées par le biais de bots, entravant la capacité d’une partie des électeurs et des électrices à voter.

Le premier tour de cette primaire, crucial pour désigner le candidat de la gauche social-démocrate en vue de la présidentielle 2027, a été immédiatement perturbé. Pendant cette première journée chaotique, seulement 20 000 personnes ont pu voter sur les 140 000 inscrits. Le président de la commission, l’ancien député Patrick Mennucci, évoque un ralentissement des opérations de vote, affirmant que des gens votent, mais beaucoup n’y arrivent pas.

Plainte auprès de l’Anssi et prolongation du scrutin

Face à cette situation, les organisateurs ont pris des mesures immédiates. La commission d’organisation de la primaire a saisi l’Autorité nationale en matière de cybersécurité et de cyberdéfense en France (Anssi) et une plainte a été déposée. Le vote, qui devait se terminer samedi soir, a été prolongé jusqu’à dimanche, à 18 heures.

Les inquiétudes sont compréhensibles, mais les responsables de la primaire se veulent rassurants sur l’essentiel. L’intervention d’experts techniques a confirmé l’absence d’altération de la sincérité du scrutin et le bon enregistrement des votes qui se sont tenus sans interruption depuis son ouverture. Les organisateurs assurent que les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la continuité du scrutin.

Les vraies leçons d’une attaque prévisible

Cette cyberattaque révèle néanmoins la vulnérabilité des infrastructures numériques lors de moments politiques majeurs. Elle intervient dans un contexte déjà tendu pour la gauche française, où l’unité fragile entre le Parti socialiste, Place publique et leurs alliés est mise à l’épreuve avant 2027. Le déploiement d’une attaque par bots visait clairement à saboter le processus de désignation du candidat progressiste, confirmant que les enjeux électoraux attirent malheureusement l’intérêt d’acteurs hostiles à un projet de gauche.

Cette première journée de primaire perturbée laisse un goût amer pour une gauche qui tente laborieusement de se regrouper face au spectre d’une élection présidentielle où l’extrême droite accumule des scores inquiétants. La prolongation du scrutin jusqu’à dimanche soir offre au moins une seconde chance à ceux qui n’ont pas pu exercer leur droit de vote, mais elle souligne aussi les défaillances organisationnelles dans un moment critique pour l’avenir politique du pays.

By