Le gouvernement Lecornu s’enlise dans une impasse budgétaire face à la détermination croissante des lycéens et des organisations syndicales de l’Éducation. Au 2 octobre 2026, 1 027 lycées étaient concernés par le mouvement, dont plus de 560 perturbés et 400 fermés, sur environ 3 700 en France. Trois semaines après le démarrage du conflit, les promesses gouvernementales sonnent creuses auprès d’une base qui se radicalise, tandis que Sébastien Lecornu accumule les faux-pas tactiques.

La plateforme de « concertation » lancée par le gouvernement révèle surtout son impuissance. Le premier ministre a indiqué que la plateforme de consultation a recueilli 40 000 contributions et que les premières décisions du gouvernement sur les lycées seront annoncées fin octobre. Fin octobre, c’est-à-dire après deux mois de paralysie des établissements et de pertes de cours : un calendrier qui insulte l’urgence réelle. Le gouvernement a indiqué qu’il déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 qui reprendront « certaines propositions formulées » sur la plateforme. Des amendements, plutôt que des engagements chiffrés : la litanie habituelle du macronisme acculé.

Les syndicats durcissent le ton, le gouvernement recule

La réaction de l’intersyndicale éducative a été cinglante. Plusieurs syndicats de l’Éducation nationale (Snes-FSU, CGT, FO, Sud et Unsa) ont appelé à une journée de grève et de manifestations le jeudi 8 octobre en soutien aux lycéens, réclamant notamment l’annulation des suppressions de postes dans le second degré prévues au budget 2027 et le réemploi des enseignants contractuels.

Pire encore pour Lecornu : l’intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à une nouvelle journée de grève et de mobilisation le mardi 13 octobre 2026, la porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, affirmant que la mobilisation continuera « tant qu’on n’aura pas 10 milliards sur la table ». Dix milliards : c’est le prix politique réel du refus gouvernemental d’investir dans l’éducation publique.

Austérité contre jeunesse : le choix macronien assumé

Le vrai problème n’est pas la « violence » des lycéens ou la « consultation » défaillante, mais la stratégie macro-économique du gouvernement. Les suppressions de postes prévues au budget 2027 reflètent un choix idéologique, pas une nécessité budgétaire absolue. Les revendications incluent des moyens supplémentaires, le recrutement et le remplacement d’enseignants et de personnels, l’amélioration des conditions d’enseignement et des locaux.

Ces demandes ne sont pas extravagantes : accès à des classes saines, enseignants formés, continuité pédagogique. Ce sont les fondamentaux d’un service public d’éducation digne de ce nom. Or, le gouvernement choisit l’austérité. Sébastien Lecornu a affirmé que les forces de l’ordre n’ont « pas pour instruction d’affronter les lycéens », mais il affirme aussi implicitement qu’il n’a pas l’intention d’affronter le dogme budgétaire qui asphyxie les lycées.

La jeunesse expose les limites du consensus macronien

Le mouvement lycéen ne se limite plus à quelques revendications sectorielles. Il pose la question fondamentale : pour qui gouverne-t-on ? Pour les marchés et les critères de Bruxelles, ou pour les générations qui construiront demain ?

La gauche doit amplifier ce débat. Les promesses électorales de 2027 resteront creuses si elles ne s’accompagnent pas d’une rupture claire avec l’austérité macronienne. Le gouvernement Lecornu montre précisément ce qu’il ne faut pas faire : consulter sans investir, dialoguer sans céder, faire semblant de gouverner en attendant que la jeunesse baisse les armes.

Elle ne baissera pas. La mobilisation du 13 octobre le confirmera.

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