Tandis que la gauche parvenait il y a quelques semaines à geler l’augmentation de l’âge de départ en retraite jusqu’en 2028, les Horizons ramènent le sujet au cœur de la campagne présidentielle avec un scénario qui n’étonnera guère : toujours plus de capitalisation, toujours plus de rigueur. Le candidat Horizons à la présidentielle a dévoilé mardi 29 septembre sa réforme des retraites dans une vidéo d’une vingtaine de minutes en proposant de reprendre le calendrier de 2023, puis de relever l’âge légal à 65 ans en moins de dix ans, avec un volet de capitalisation.
Ce retour du spectre macronien ravive des angoisses bien connues. Après avoir imposé les retraites à 64 ans malgré la mobilisation sociale, voilà qu’on envisage déjà de monter jusqu’à 65 ans. Cette position le distingue de Gabriel Attal, partisan de supprimer l’âge légal. Mais ces querelles de façade au sein de la majorité macronienne cachent un véritable consensus de droite sur l’austérité sociale.
Le calendrier qui s’accélère
À sept mois de la présidentielle, le paysage commence à se décanter selon les analystes politiques. À 7 mois de l’élection présidentielle, le paysage commence à se décanter un tout petit peu. Le paysage politique est fortement marqué par le niveau élevé des intentions de vote pour Marine Le Pen et le risque, significatif, qu’elle puisse l’emporter. Pris dans cette tempête, les centristes se demandent comment rebondir. À droite, sans surprise la macronie est en grande difficulté pour dégager un champion. Les appels à une primaire en sont le reflet. Faute de voir un candidat se détacher significativement, les uns et les autres tentent de trouver une issue.
Cette annonce de réforme des retraites cherche manifestement à créer une distinction électorale. Or elle arrive dans un contexte où le gouvernement lui-même erode les fondements que la gauche a défendus. Le gouvernement prévoit un effort de 54 milliards d’euros l’an prochain pour assainir les finances publiques. La tâche s’annonce ardue, d’autant que la prévision de croissance a été abaissée à 0,5% en 2026 sur fond de tensions. C’est dans ce contexte déprimé que les propositions de nouvelle austérité s’accumulent.
La gauche doit rester ferme
Face à cette offensive, la gauche dispose d’une base solide : le statu quo qu’elle a arrachée sur les retraites d’ici 2028. Mais cette victoire temporaire exige une vigilance absolue. Du côté des écologistes, Marine Tondelier poursuit sa partition sur le thème : la gauche doit s’unir. L’échec de la primaire lancée avec Olivier Faure, Clémentine Autain et François Ruffin, la confirmation de la candidature Fabien Roussel, la dynamique autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon et la primaire du PS, devraient pousser les écologistes à faire un choix à un moment donné.
C’est l’occasion pour les candidats progressistes de mettre en avant un bilan à défendre : on ne touche pas au système par répartition, on garantit le bien-être des retraités, et on finance par une vraie fiscalité sur les patrimoines et les grands profits. Oxfam France propose de taxer les super héritages pour récupérer plusieurs milliards d’euros tandis que la Cour des comptes suggère une taxation “modérée mais progressive” des gros patrimoines.
Enfin, les sénateurs de gauche ont raison d’appeler à la mobilisation. Au lendemain des élections sénatoriales, les représentants des principaux groupes du Sénat sont revenus sur l’arrivée d’un groupe RN au Sénat. Les sénateurs de gauche appellent à la formation d’un cordon sanitaire contre le RN tandis que la majorité sénatoriale assure qu’elle ne collaborera pas avec le groupe RN. Ce n’est que par l’unité face à cette menace que la gauche pourra continuer à défendre les acquis sociaux contre tous les conservatismes.
