Le PCF officialise ce qu’on murmurait depuis des mois. Fabien Roussel sort du flou, rejoint les rangs des candidats et rompt définitivement avec l’hypothèse d’une gauche présentant un seul visage face au pays. Le patron communiste confirme ainsi que son parti ne participera pas à la primaire organisée pour le 11 octobre par une partie de la gauche unitaire.

Cette décision, annoncée début septembre, vient clore une période de tergiversations au sein du PCF. Roussel tentait depuis des mois de naviguer entre la pression interne pour une candidature propre et les appels à l’union émanant du PS, des Écologistes et de plusieurs figures du courant social-démocrate. Le message était clair : le Parti communiste français va affronter 2027 en tant que force autonome, sans passer par le filtre d’un scrutin intramuros.

Unité fragmentée : l’illusion de la primaire

Le calendrier devient cruel pour ceux qui espéraient encore une union. Avec désormais trois ou quatre candidatures majeures issues de la gauche (Roussel au PCF, un possible candidat du PS via sa primaire, Mélenchon en embuscade et Glucksmann toujours hors jeu), le 11 octobre ressemblera moins à une primaire qu’à un patchwork d’ambitions rivales attendant de voir qui émerge du lot.

La France insoumise continue de regarder de loin. Jean-Luc Mélenchon refuse de participer au scrutin de la gauche unitaire, maintenant une position qui laisse ouverte la porte à sa propre candidature. Place publique et Raphaël Glucksmann en font autant. Le Parti socialiste, lui, reste enlisé dans ses querelles internes. Olivier Faure doit affronter l’hostilité d’une partie de son opposition interne, tandis que d’autres figures socialistes tentent de construire une alternative centriste avec Renaissance et le bloc macroniste.

Une stratégie du repli identitaire

Pour le PCF, le pari est risqué mais logique. Roussel n’est jamais parvenu à convaincre durablement ses troupes de se fondre dans une alliance au goût socialiste. La dynamique communiste fonctionne depuis des décennies sur une autonomie revendiquée, une distance affichée face aux gouvernances de gauche jugées trop tièdes. Affronter 2027 en tant que candidat du PCF plutôt que d’un front uni offre cette liberté, même si elle se paie au prix d’une fragmentation assumée.

L’ironie du calendrier n’échappera à personne : la gauche a eu des années, puis des mois, puis des semaines pour s’entendre. Après avoir échoué, elle se résout à gérer sa division en la structurant. La primaire du 11 octobre représente une tentative de ranger les débris, pas de les recoller.

By