La gauche française se prépare à entrer en campagne présidentielle le plus divisée possible. Là où auraient pu émerger des synergies autour d’un projet commun, ce sont des fractures qui dominent. Une primaire regroupant L’Après, Les Écologistes et Debout! est prévue pour le 11 octobre 2026, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle incarne bien peu la promesse d’une gauche unie.

Le constat crève les yeux : le Parti socialiste, La France Insoumise et Place Publique ne participeront pas à ce scrutin interne. C’est l’aboutissement logique d’une désagrégation déjà bien engagée. Depuis la débâcle des élections législatives de 2024 et l’effondrement de la Nupes, la gauche peine à reconstituer un minimum de cohésion stratégique. Les tractations ont échoué. Les ambitions personnelles ont l’emporté sur l’intérêt collectif.

Le Parti socialiste, censé être le pivot d’une reconstruction progressiste, s’est replié sur lui-même. Le PS a validé une primaire pour les 11 et 18 octobre qui inclut Place publique mais exclut Les Écologistes de Marine Tondelier ainsi que les anciens insoumis de L’Après. Une décision qui en dit long sur les déchirements internes du premier parti de gauche. Olivier Faure parle de socialisme écologique, mais ses actes racontent une autre histoire : celle d’une formation sans vision ni stratégie unificatrice.

La France insoumise, de son côté, a déjà lancé sa machine de campagne. Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle le 3 mai 2026 pour sa quatrième tentative, après 2012, 2017 et 2022. Mélenchon court seul, refusant le jeu des alliances qui auraient pu produire un poids politique capable de peser face au bloc de droite.

Pendant ce temps, les Écologistes en sont réduites à chercher leurs candidats auprès de formations qui les marginalisent. Marine Tondelier s’efforce de rester visible, mais son parti a clairement perdu du poids dans les négociations. C’est la confirmation d’une réalité : la gauche progressiste française n’est plus capable de produire de l’unité autour d’un projet.

Cette fragmentation intervient à un moment critique. Le premier tour de l’élection présidentielle 2027 aura lieu le 18 avril et le second tour le 2 mai. Il n’y a plus beaucoup de temps pour corriger la trajectoire. La droite et l’extrême droite, conscientes de cette vulnérabilité progressiste, observent et se frottent les mains. Tandis que le gouvernement Lecornu navigue dans un équilibre précaire, la gauche gaspille son énergie dans des querelles de chapelle.

Le paradoxe est cruel : jamais la nécessité de l’unité n’a paru aussi évidente, et jamais la gauche n’a paru aussi incapable de la réaliser. Les électeurs progressistes demandent une alternative crédible. Ils ne trouveront probablement qu’une mosaïque de projets concurrents, chacun se battant pour des miettes électorales tandis que les véritables enjeux d’une France plus juste s’éloignent.

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