Nicolás Maduro a été capturé par les forces américaines début janvier, mais ce qui divise aujourd’hui les élites françaises, c’est la réaction contrastée que cette opération a suscitée. Emmanuel Macron s’est réjoui de la chute de la dictature sans condamner l’intervention militaire américaine, une prise de position qui scandalise la gauche, de La France insoumise au Parti socialiste en passant par les écologistes.
Macron applaudit, la gauche condamne
La capture du leader vénézuélien par une opération militaire de grande ampleur marque un tournant majeur dans la politique étrangère américaine sous Trump. Nicolás Maduro a été capturé à Caracas lors d’une opération militaire américaine d’envergure et transféré à New York, où il est incarcéré pour des faits qualifiés de narcotérrorisme. Le chef de l’État français, loin de critiquer cette intervention unilatérale, a au contraire félicité le dénouement en mettant l’accent sur une transition « pacifique et démocratique ».
La ligne du gouvernement français reste celle de Macron, incarnée aussi par les parlementaires LREM qui justifient l’opération. Mais cette réaction provoque une onde de choc au sein de la famille progressiste française. Pour la gauche, deux principes fondamentaux se trouvent violés : le droit international et la souveraineté des peuples.
L’intervention militaire, une agression contre le droit international
La France insoumise appelle la France à condamner l’agression américaine. Au-delà de l’opposition à Maduro, que beaucoup critiquaient aussi avant l’intervention, la gauche estime que les États-Unis ont franchi une ligne dangereuse. L’opération militaire menée par des forces américaines sur le sol vénézuélien, au cours de laquelle Nicolás Maduro et son épouse ont été capturés et transférés à New York, constitue une violation manifeste du droit international selon les progressistes.
Cette position rejoint des voix du Sud global. Des mouvements de solidarité en Afrique et en Amérique latine ont immédiatement dénoncé ce qu’ils qualifient d’« enlèvement » orchestré par Washington. Pour la gauche française, il ne s’agit pas de défendre Maduro, dictateur avéré, mais de défendre un principe : aucune puissance, même démocratique, ne peut se permettre d’arrêter le chef d’État d’un pays souverain sur son propre territoire pour le juger ailleurs.
L’incompréhension de Macron face aux craintes progressistes
La réaction du Président Macron laisse la gauche perplexe sur un point crucial : comment une démocratie libérale peut-elle applaudir l’intervention militaire d’une superpuissance sans précédent légal ? Ce silence sur la violation du droit international, là où Macron aurait logiquement dû afficher une certaine neutralité diplomatique, traduit selon la gauche un choix idéologique : le soutien à l’interventionnisme américain au-delà de la simple critique du régime vénézuélien.
La position progressiste ne nie pas les dérives du régime Maduro. Elle n’ignore pas les souffrances du peuple vénézuélien. Mais elle soulève une question existentielle pour l’ordre mondial : si Trump peut arrêter un chef d’État sans passer par les Nations unies ou par le droit international, qu’est-ce qui empêchera demain une autre puissance d’en faire autant ailleurs ? Comment les petits pays, les pays non-alignés peuvent-ils dormir tranquilles ?
Ce qui scandalise vraiment la gauche dans la réaction de Macron, c’est qu’il semble avoir choisi son camp : celui d’un Occident qui s’arroge le droit de juger, de punir et de renverser les gouvernements du monde selon ses intérêts géopolitiques. Une posture diamétralement opposée aux valeurs progressistes de souveraineté des peuples et de multilatéralisme qui devraient, pourtant, constituer la base d’une Europe vraiment indépendante.
