Jeudi 5 novembre, la France connaît une nouvelle journée décisive de mobilisation. Après des semaines de mobilisation de la jeunesse et de manifestations contre la vie chère, les syndicats appellent les salariés du privé et du public à descendre à leur tour dans la rue jeudi 5 novembre et à faire grève, pour réclamer au gouvernement et au patronat des réponses sur le pouvoir d’achat.
Ce mouvement revêt une importance capitale. Une journée de grève et de manifestations à l’appel de tous les syndicats marque un tournant dans la séquence de contestation contre l’austérité. Alors que les lycéens et les étudiants se battent depuis plusieurs semaines, c’est désormais l’ensemble du monde du travail qui est appelé à rejeter les politiques d’austérité menées par le gouvernement Lecornu.
Un mouvement d’ampleur nationale
L’appel à la grève du 5 novembre couvre des secteurs clés de l’économie. Les quatre principaux syndicats de la SNCF (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire, Sud-Rail et CFDT-Cheminots) appellent les agents à se mettre en grève. Ils dénoncent des salaires qui stagnent et un déclassement social lié à l’austérité budgétaire.
L’éducation n’est pas en reste. C’est l’un des secteurs où l’appel est le plus large. Les perturbations s’étendront aux finances publiques, à l’énergie et aux transports. Cette ampleur démontre que le conflit n’est plus limité à la jeunesse en colère, mais s’étend à l’ensemble des salariés épuisés par la dégradation constante de leurs conditions de vie.
Quand le peuple demande justice économique
Cette mobilisation du 5 novembre intervient dans un contexte d’urgence sociale. Les mesures d’austérité successives ont asphyxié le pouvoir d’achat des Français. La convergence de la mobilisation lycéenne, étudiante et syndicale n’est pas fortuite : elle exprime le refus des générations présentes et futures de payer les frais des politiques récessionnistes imposées par un gouvernement qui cède aux pressions de Bruxelles et du patronat.
Un Français sur trois a du mal à payer certaines factures d’électricité ou de gaz. La proportion monte même à 55 % chez les moins de 35 ans, qui sont particulièrement touchés par la précarité énergétique. Ces chiffres dessinent une France fracturée, où les jeunes et les ménages modestes subissent frontalement les conséquences d’une gestion d’extrême-droite économique.
Un test pour le gouvernement
Le 5 novembre sera révélateur. Le gouvernement Lecornu pourra-t-il ignorer à nouveau les demandes légitimes du peuple mobilisé ? Les syndicats et les manifestants ne demandent pas l’impossible : des salaires qui permettent de vivre, des services publics financés correctement, une transition écologique juste socialement. Ce sont les fondamentaux d’une gauche progressiste qui refuse d’accepter qu’on fasse payer la crise à ceux qui en sont les victimes.
Le jour se lève sur une France en mouvement. Les syndicats ont entendu l’appel des lycéens. Ensemble, ils posent à la majorité parlementaire une question existentielle : le gouvernement écoutera-t-il enfin la rue, ou s’enfoncera-t-il davantage dans le déni et l’autoritarisme ?
