Depuis plusieurs mois, Le Gauche dénonce l’immobilisme du gouvernement Lecornu face aux urgences sociales. Novembre 2026 transforme cette critique en réalité tangible : quatre mesures s’empilent en quelques semaines pour grignoter le pouvoir d’achat et les protections des Français.
Les prix de l’énergie continuent leur ascension
D’abord, l’énergie. À compter du 1er novembre 2026, le prix repère de vente de gaz augmente de 6,6% TTC en moyenne, passant de 182,88 euros à 194,90 euros TTC par mégawattheure. Les ménages sur contrats liés au prix repère paieront en moyenne 12 euros de plus en novembre qu’en octobre. Une augmentation qui s’inscrit dans une tendance continue, sans politique d’encadrement durable du gouvernement.
Pendant ce temps, l’aide grand rouleur est renouvelée et élargie pour les mois d’octobre, novembre, décembre, mais cette miette offerte aux travailleurs du transport est bien insuffisante face à la flambée énergétique générale. Le gouvernement gère la crise par des rustines plutôt que par une véritable politique de maîtrise des prix.
Les retraites complémentaires rognées une fois de plus
Ensuite, les retraites. Le 1er novembre 2026 cumule une revalorisation des retraites de seulement 1,4%. Pour ceux qui se souviennent de l’inflation des années précédentes, c’est un recul d’obtenir bien moins que la compensation du coût de la vie. Les retraités ne voient que l’érosion de leur pouvoir d’achat, et le gouvernement appelle cela une « revalorisation ».
Le crédit à la consommation passe à la trappe
Sur le terrain du crédit, les règles se durcissent. À partir du 20 novembre, les banques en France devront mener des vérifications d’accessibilité avant d’accorder des découverts, y compris les petits découverts de moins de 200 euros ou inférieurs à un mois. Présentée comme une protection contre le surendettement, cette mesure complique l’accès au crédit précisément au moment où le pouvoir d’achat s’effondre.
Les accidentés du travail perdent 40% de leurs indemnités
Mais le coup le plus violent vise les plus vulnérables. À partir du 1er novembre 2026, de nouvelles règles affectent les versements de la Sécurité sociale pour les salariés en arrêt maladie pour accident du travail ou maladie professionnelle. Ces règles contiennent une baisse de 40% des indemnités d’accidents du travail. Un ouvrier victime d’un accident sur le chantier, une infirmière contaminée au travail, une caissière souffrant de troubles musculosquelettiques : tous verront leurs indemnités s’effondrer.
Cette mesure incarne à elle seule la brutalité de la politique gouvernementale. Elle vise ceux qui ne peuvent pas se battre, qui sont déjà affaiblis, qui dépendent de ces allocations pour survivre. Il n’y a là aucune progressivité, aucune souci du bien-être de ceux qui contribuent à la richesse du pays.
Un gouvernement absent des enjeux
Ce qui frappe, c’est le silence. Le gouvernement Lecornu n’a présenté aucune stratégie de défense des ménages, aucun plan d’urgence face à cette accumulation de coups. Les mesures s’additionnent, technocratiques et froides. Elles impactent 23 millions de Français, mais gouvernants comme ministres semblent considérer que c’est un détail technique à gérer discrètement.
La gauche progressiste, qui aurait dû crier au scandale, reste fragmentée. Ceux qui défendent encore un avenir plus juste se divisent entre l’apaisement parlementaire et la rupture. C’est dans ce vide que le gouvernement impose une austérité ordinaire, invisible pour ceux qui ne perdent rien, mais écrasante pour tous les autres.
Novembre 2026 ne sera pas un tournant politique si la gauche n’en fait pas un moment de mobilisation autour du seul enjeu qui compte : défendre les protections sociales et le pouvoir d’achat des Français ordinaires.
