Les casserolades de vendredi, l’acte III samedi, et une nouvelle mobilisation prévue jeudi 5 novembre : la colère lycéenne continue de monter. Face à ce mouvement qui s’enracine depuis plusieurs semaines, Sébastien Lecornu a décidé de passer à l’offensive avec un train de mesures supposément « majeures », promises avant la fin du quinquennat en mai. Mais la substance de ces annonces révèle surtout le caractère superficiel de la réponse gouvernementale aux véritables enjeux.

Des promesses cosmétiques sur Parcoursup

Le Premier ministre s’apprête à dévoiler un ensemble de réformes centrées sur le remplacement de Parcoursup. Refus motivés, nouveau système pour 2028 : le gouvernement mise sur la procédure pour faire croire au changement. Pourtant, ces modifications procédurales ne répondent nullement à la crise structurelle qui étouffe l’enseignement supérieur français. Les lycéens demandent des conditions d’étude dignes et la fin de l’austérité ; Lecornu leur propose une refonte d’algorithmes.

Lecornu lui-même doit organiser un débat à l’Assemblée nationale sur « l’avenir du processus d’orientation et d’affectation des lycéens », un exercice sans vote prévu, symbole parfait de l’impuissance politique du gouvernement à trancher les vraies questions.

Un gouvernement miné par ses propres contradictions

Ces mesures cosmétiques surviennent après que Lecornu ait dû arracher au pouvoir plusieurs concessions pour survivre politiquement. Avec sa promesse de suspendre la réforme des retraites, gage donné aux socialistes, Sébastien Lecornu a échappé à la motion de censure LFI qui le menaçait. Cette suspension, loin d’être un triomphe, témoigne plutôt de l’effondrement progressif de la majorité macroniste et de la fragilité du gouvernement.

Sur le budget 2027, le gouvernement persiste à choisir l’austérité. Le projet de budget prévoit une baisse du budget des services publics et une suppression de plus de 3 000 postes dans la fonction publique et les organismes de Sécurité sociale, ainsi que le maintien du projet de réforme de l’assurance chômage. Comment prétendre offrir une meilleure école quand on supprime des emplois dans l’Éducation nationale et la Sécurité sociale ? La contradiction est insurmontable.

La jeunesse ne se laisse pas duper

Les lycéens ont compris que le temps des paroles creuses était passé. Ils demandent des actes : restauration d’une véritable égalité de traitement, moyens budgétaires suffisants pour les établissements, fin de la dégradation des conditions de travail des enseignants. Or Lecornu leur offre une réforme de Parcoursup, comme si le problème se situait dans la procédure de candidature et non dans l’effondrement général du système éducatif.

Cette nouvelle étape de mobilisation avant le 5 novembre montre que la jeunesse française refuse de se contenter des gesticulations médiatiques. Elle pressent que tout ce que ce gouvernement peut concéder, c’est du théâtre administratif, tandis que les destructions sociales et éducatives se poursuivent. Lecornu accumule les reculs sans jamais renoncer au cœur de sa politique d’austérité : voilà pourquoi aucune annonce ne peut désormais convaincre une jeunesse qui a compris que seule la mobilisation constante peut forcer le changement.

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