Les militants socialistes ont lancé une primaire réservée aux adhérents du PS et de Place publique, un scrutin censé clarifier la position de la gauche pour 2027. Mais ce processus, loin de ressouder les troupes, expose davantage les fractures du camp progressiste. Selon les critiques, le mécanisme favorise Raphaël Glucksmann, tandis qu’Olivier Faure se retrouve en position minoritaire dans son propre parti.

Cette situation incarne un problème plus fondamental : la gauche française, censée se mobiliser pour l’élection présidentielle de 2027, reste prisonnière de jeux d’appareil et de rivalités personnelles. Tandis que la droite se prépare et que l’extrême droite s’affirme, les progressistes gaspillent leur énergie en luttes intestines.

Le piège de la primaire fermée

Le choix d’une primaire restreinte apparaît particulièrement problématique. En excluant les électeurs de gauche hors du PS et de Place publique, cette démarche renforce l’isolement des socialistes et marginalise les écologistes, les communistes et les insoumis. Cette fragmentation n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave. Une primaire plus large de la gauche unitaire est certes prévue pour octobre 2026, avec l’ambition d’une candidature commune, mais Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann refusent d’y participer, rendant incertain tout véritable rassemblement.

Pendant ce temps, les autres bougent

Pendant que le PS s’enferme dans ses querelles, d’autres composantes de la gauche poursuivent leurs travaux. Les Écologistes ont finalisé leur plateforme programmatique avec 65 chapitres et près de 550 propositions, dont des mesures phares comme une hausse du Smic à 1 690 euros, la retraite à 62 ans et la reconnaissance des crimes coloniaux. Un effort de structuration programmatique louable, mais qui survient dans le vide politique créé par l’incapacité de la gauche à se rassembler autour d’une vision commune.

L’impasse stratégique

Cette primaire PS-Place publique illustre une stratégie maison : chercher à dominer la gauche plutôt que de la réunir. Elle révèle l’ambition personnelle de Glucksmann, qui espère émerger de ce processus comme candidat unique d’une gauche dite réaliste. Mais quel prix paie-t-on pour ce jeu ? Une gauche affaiblie, divisée, et de moins en moins audible face aux enjeux du pays. En 2027, une gauche fragmentée perdra. Elle le sait. Pourtant, elle continue.

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