Le 5 octobre, au cœur d’une crise sociale qui s’épaissit, le gouvernement Lecornu annonce l’impensable. Le gouvernement demande un effort de 6 milliards d’euros aux retraités via un gel partiel ou total de la pension de base et un plafonnement de l’abattement fiscal à 3 000 euros. À peine les encres sont-elles sèches que la jeunesse française se dresse à nouveau : après deux semaines de blocages lycéens émaillés parfois de violence, les protestations s’apprêtent à reprendre, plus fortes encore.

Cette convergence n’est pas fortuite. Elle dessine la feuille de route d’un exécutif paniqué, prêt à frapper quiconque pour sauver les apparences. D’un côté, les retraités, qui ont déjà payé les réformes de ces dernières années, voient leurs pensions s’éroder. De l’autre, une jeunesse sacrifiée, que le gouvernement prétend écouter tout en renforçant le contrôle policier dans les rues.

Un gouvernement débordé par sa propre impuissance

Selon une source gouvernementale, en conseil des ministres, les ministres de l’Intérieur et de la Justice ont alerté : il n’y a plus beaucoup de marge en termes de policiers à déployer. Ce aveu est éloquent. L’État cherche à contenir une jeunesse en colère sans redresser les politiques qui la mettent en rage. Les blocages lycéens, c’est l’expression directe d’un abandon du système éducatif public. Mais plutôt que de revenir sur le cœur du problème, le gouvernement mise sur la répression et le temps qui passe.

Un député macroniste se désespère : “Je ne comprends pas la position du gouvernement. On attend que ça pète pour avoir une réaction. On a un énorme problème de com'”. En trois phrases, toute l’impasse du macronisme est résumée : pas de vision, pas de courage, juste l’espoir que le chaos s’apaise tout seul.

Les retraités sacrifiés pour masquer l’impasse budgétaire

Le prélèvement de 6 milliards sur les retraites n’est pas une mesure d’ajustement. C’est un aveu d’échec. Malgré l’adoption laborieuse du budget 2026, les faiblesses structurelles de l’économie française demeurent. Au lieu de les affronter frontalement, Lecornu choisit de ponctionner les plus âgés. La réduction du déficit public est moins élevée que prévu : 5% de déficit programmé en 2026 au lieu des 4,7% précédemment envisagés.

Les chiffres le disent clairement : le gouvernement ne maîtrise rien. Pas la croissance, pas les finances publiques, pas la mobilisation sociale. Il gère au jour le jour, en sacrifiant toujours les mêmes : les salariés du secteur public, les retraités, les jeunes. C’est une politique sans cap, tournée vers le court terme et l’apaisement de ceux qui ont déjà trop.

Une gauche aux abonnés absents

Ce qui rend la situation encore plus dérisoire, c’est que le gouvernement Lecornu continue de subsister grâce à l’abstention du Parti socialiste au moment des votes de censure. Pendant que la jeunesse et les retraités se mobilisent, que les contradictions du macronisme éclaient au grand jour, la gauche parlementaire reste sidérée, fragmentée par ses querelles internes.

Les lycéens et les anciens n’attendent plus l’hypothétique unité de la gauche. Ils agissent. Une partie des militants privilégie une candidature autonome, estimant qu’elle permet de porter clairement un projet distinct. D’autres plaident pour des démarches convergentes ou des accords préalables afin d’éviter une dilution des voix. Pendant ce temps, Lecornu s’effondre tout seul, et c’est peut-être là le seul enseignement à retirer de ce chaos gouvernemental : un système pourrissant de l’intérieur ne saura jamais écouter la rue.

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