Le 5 novembre s’annonce comme un tournant. Pour la première fois depuis la rentrée, la mobilisation concerne privé comme public, avec des enjeux transversaux : augmentation des salaires, défense des services publics, protection de l’emploi et redistribution des richesses.

Cette convergence n’est pas un hasard. Elle répond à un cocktail explosif que le gouvernement Lecornu a laissé se cristalliser.

Novembre : le mois des quatre chocs

À peine le mois d’octobre s’éteint que la facture arrive. À partir du 1er novembre, quatre chocs frappent simultanément le portefeuille des Français. Le prix du gaz bondit de 6,6 %, soit une augmentation moyenne de 12 euros pour les ménages. Pendant ce temps, les retraites complémentaires ne progressent que de 1,4 % : une revalorisation de misère face à l’inflation. Les banques durcissent parallèlement l’accès au crédit, tandis que les indemnités d’accidents du travail baissent de 40 %.

Vingt-trois millions de Français subissent cet assaut combiné. Ce n’est pas une suite de coïncidences malheureuses ; c’est la manifestation d’une politique d’austérité qui privilégie l’équilibre budgétaire sur la condition de vie réelle.

Un gouvernement qui regarde ailleurs

Lecornu prétend gérer une économie responsable. La réalité : un choix de classe flagrant. Pendant que les retraités voient leurs ressources geler, que les travailleurs accèdent moins facilement au crédit, que les indemnités sociales stagnent, le gouvernement persiste à épargner les grandes fortunes et à augmenter les dépenses militaires.

Le budget pour 2026 l’a démontré : 40 milliards d’euros d’effort demandé aux Français qui en cachent en réalité 50 de coupes dans les services publics et la protection sociale. Les 15 % seulement de ces efforts pèseront sur les plus riches. Le reste écrase les travailleurs, les retraités, les jeunes.

Une mobilisation enfin unitaire

C’est pourquoi le 5 novembre incarne un changement. Les organisations de jeunes se sont jointes aux syndicats. La coordination des gilets jaunes appelle aussi à un « 5 novembre du peuple ». Cette convergence transcende les divisions habituelles : elle exprime une colère générale face à l’effondrement du pouvoir d’achat et à l’indifférence gouvernementale.

Les trajectoires de mobilisation de ces derniers mois convergeaient déjà : lycéens bloquant les établissements, appels étudiants, mouvements contre l’austérité. Jeudi, tous ces mouvements trouvent un axe commun. C’est la force d’une riposte qui ne peut plus être ignorée.

L’impasse Lecornu

Le gouvernement navigue entre deux réalités inconciliables. D’un côté, une austérité budgétaire qui morcelle la protestation en crises successives. De l’autre, une mobilisation qui s’unifie. Lecornu a misé sur l’usure, sur la fragmentation. Jeudi prouvera que cette stratégie a échoué.

Quatre chocs économiques, une convergence syndicale, une jeunesse mobilisée et des gilets jaunes de retour : c’est le portrait d’un gouvernement qui n’a plus d’issue. Le choix du 5 novembre sera celui des Français : accepter cette hémorragie silencieuse ou dire non.

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