Le gouvernement français a abaissé pour la troisième fois cette année sa prévision de croissance pour 2026, la ramenant à 0,5% contre 0,7% en juillet et 1,0% initialement, a annoncé vendredi le ministre de l’Économie Roland Lescure. Un aveu d’impuissance politique qui signe l’effondrement des promesses gouvernementales avant le scrutin de 2027.

C’est la débâcle en trois actes. D’abord 1 %, puis 0,9 %, ensuite 0,7 %, et maintenant 0,5 %. Chaque trimestre apporte son lot d’humiliations statistiques, comme si le gouvernement découvrait seulement aujourd’hui l’état réel de l’économie française. Le ministre de l’Economie a cité des « incertitudes économiques » internationales, nationales et un environnement économique inédit pour justifier cette nouvelle révision à la baisse. Des excuses creuses qui oublient l’essentiel : les choix politiques qui ont mené la France à cette impasse.

Quand les chiffres deviennent gênants

Au-delà de la décroissance annoncée, l’Insee prévoit une croissance encore plus faible, à 0,4 % en 2026. L’institut souligne notamment la faiblesse de la consommation et de l’investissement. Le pouvoir d’achat des ménages devrait reculer de 0,4 %, tandis que l’investissement des entreprises diminuerait de 0,3 %. Voilà le vrai diagnostic : une économie qui tourne à vide, où les Français perdent du terrain chaque mois.

L’effet estimé de la sécheresse, des vagues de chaleur, à 0,1 point de PIB sur 2026, une baisse de la valeur ajoutée agricole de 8%, montre aussi l’urgence climatique que ce gouvernement prétend affronter sans en changer réellement les causes. Quelques dixièmes de point ici, là, pendant que le modèle économique s’écroule.

Le déficit incontrôlable et les marges de manœuvre zéro

Le gouvernement reconnaît également que son objectif de ramener le déficit public à 5 % du PIB n’est plus atteignable. Dans le même temps, la charge des intérêts de la dette devrait atteindre 65 milliards d’euros en 2026, soit 4,5 milliards de plus que prévu initialement. C’est l’engrenage classique : une croissance en miettes, un déficit qui se creuse, et une dette qui bouffe les ressources publiques.

Les taux d’emprunt de la France sont à leur plus haut niveau depuis vingt ans, limitant les marges de manœuvre budgétaires. Autrement dit, les politiques d’austérité qui écrasent les services publics depuis des années ne payent pas : elles appauvrissent la France et l’enferment dans une dépendance croissante aux marchés financiers.

Inflation, pouvoir d’achat, et un calendrier politique explosif

L’inflation, prévue à 2,1% en moyenne avec un pic à 3% en fin d’année, ajoute une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat. Pour les ménages français, c’est le pire scénario : une croissance qui s’effondre mais des prix qui montent. Il n’y a ni relance, ni stabilité, juste la stagnation précarité.

Le ministre de l’Économie a annoncé ces chiffres comme « l’acte 1 de la séquence budgétaire », avant la présentation du projet de budget 2027 prévue le 30 septembre. Autrement dit, le gouvernement prépare un budget de crise quelques mois à peine avant la présidentielle. À gauche, il faudra peser sur ces choix avec force : pas de nouvel austérité, pas de coupes dans le social, pas de « réformes » qui broient les travailleurs. Le moment de proposer une alternative progressiste capable de relancer la demande intérieure, les services publics et l’investissement productif est enfin venu.

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