Les résultats de PISA 2025 publiés cette semaine par l’OCDE ne laissent aucune ambiguïté : l’école française s’enfonce. Après un recul équivalent à deux années scolaires ces dernières années, les élèves hexagonaux connaissent une nouvelle débâcle, particulièrement aiguë en mathématiques. Cette chute programmée expose l’impasse d’une politique éducative qui sacrifice les apprentissages sur l’autel de l’austérité budgétaire.

Mathématiques : une déroute confirmée

Le classement PISA mesure triennalement les compétences des jeunes de 15 ans. Cette année, le diagnostic tombe comme un couperet : en mathématiques, la France accuse une baisse de 16 points. Concrètement, cela signifie moins d’excellents élèves et l’identification de 36 pour cent d’élèves en difficulté. Ces chiffres ne sortent pas de nulle part. Ils résultent d’années de politiques régressives ayant petit à petit vidé les établissements de moyens.

Avant même de brandir les scores, il faut observer ce qu’ils masquent : une France où les inégalités sociales continuent de structurer les trajectoires scolaires. Les enfants de milieux favorisés compensent par l’école privée, le soutien scolaire, les familles aisées. Les autres accumulent les handicaps. L’égalité républicaine, censément l’ADN de l’école publique, s’est évanouie sous l’effet conjugué des coupes budgétaires, des classes surpeuplées et de professeurs sous-rémunérés.

Professeurs fatigués, élèves décrochés

PISA 2025 révèle un élément aussi révélateur : les élèves français déclarent des difficultés accrues à se concentrer et à organiser leur travail. L’écart entre filles et garçons se creuse en compréhension de l’écrit. Le soutien perçu des enseignants demeure inférieur à la moyenne de l’OCDE. De son côté, le soutien parental recule fortement.

Ces données racontent une même histoire : un système scolaire qui s’effrite. Des professeurs qui, malgré leur dévouement, ne peuvent plus assurer le suivi individualisé faute de temps et d’effectifs. Des classes qui débordent, des moyens qui se raréfient, et à la clé, des gamins qu’on abandonne en chemin. C’est particulièrement grave quand on sait que chaque baisse de 20 à 30 points en PISA équivaut à une année scolaire entière d’apprentissage perdue.

Une responsabilité politique incontournable

Le gouvernement sortant ne pourra pas se dérober. Ses politiques d’austérité budgétaire ont appauvri l’éducation de base. Les salaires des enseignants français restent anormalement bas comparés à la moyenne OCDE. Les classes de lycée et collège gonflent. Les postes d’enseignants et de personnel d’appui stagnent ou régressent. Les investissements en infrastructures, en équipements, en soutien aux élèves en difficulté ont été maintenus sous perfusion.

Or une véritable ambition progressiste impose un choix : transformer l’école en levier d’égalité plutôt que de reproduction des inégalités. Cela exige des financements massifs, des effectifs plus réduits par classe, des enseignants revalorisés et stables, et une formation continue ambitieuse pour les professeurs. C’est le contraire exact de ce qui s’est produit ces dernières années.

Avant les scrutins de 2027, la gauche doit faire de l’éducation un enjeu central : pas de généralités creuses, mais un programme précis de refondation de l’école publique comme service public. Les chiffres de PISA le crient, l’urgence est vitale.

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