Le débat d’hier aux coulisses de Roland-Garros a tranché avec brutalité. Face aux tribunes du stade parisien accueillant les patrons du Medef, sept candidats déclarés se sont affrontés sur les enjeux économiques. Résultat : une démonstration de force de Gabriel Attal et Édouard Philippe, les deux anciens Premiers ministres de Macron, qui ont largement dominé l’échange en l’absence des figures de la gauche radicale.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’absence criante de Jean-Luc Mélenchon et de Raphaël Glucksmann, absents du plateau alors qu’ils incarnent les deux pôles irréconciliables de la gauche progressiste. La France Insoumise et Place publique, qui ne participeront ni l’une ni l’autre à la primaire unitaire du 11 octobre, ne se sont donc pas données la peine de croiser le fer avec le bloc macroniste.
Une gauche désorganisée quand la droite s’unifie
La distribution des intervenants a révélé toute l’asymétrie du jeu politique français fin août 2026. Pendant qu’Attal et Philippe affichaient une aisance naturelle face aux dirigeants d’entreprises, les autres candidats progressistes, moins nombreux et fragmentés, se sont efforcés de placer leurs messages sans jamais imposer un tempo propre à la discussion.
Cette débâcle symbolique intervient à un moment critique. La rentrée du Parti socialiste à Blois se déroule en même temps, parasitée par les points presse incessants de Hollande et Glucksmann, qui phagocytent l’ordre du jour du congrès pour faire la promotion de leurs propres candidatures à la primaire ou à l’Élysée. La machine socialiste semble incapable de maîtriser son agenda politique, tandis que ses opposants de gauche jouent chacun de leur côté.
La primaire du 11 octobre, un pari risqué
La primaire de la gauche unitaire approche à grands pas. Place publique et L’Après doivent contourner l’absence de Mélenchon et des Insoumis, qui refusent catégoriquement de participer. Le PS lui-même reste en suspens, attendant les résultats municipaux de mars pour décider de son engagement. Face à Macron qui a affiché lors du débat une majorité homogène autour de quelques ministres-candidats, cette gauche éclatée ne fait pas le poids.
Les progressistes français ont un urgent besoin d’unité, or c’est précisément ce que la séquence électorale leur refuse. Le premier débat a sonné comme un avertissement : tant que chaque courant de gauche défend sa chapelle, la domination électorale du centre-droit macroniste demeurera la seule certitude.
